Europlasma, repreneur en série de sites industriels en difficulté, traverse une séquence de crise marquée par des arrêts de production, des pertes nettes en forte hausse et le redressement judiciaire de sa filiale Fonderie de Bretagne. Dans ce contexte, le groupe a annoncé des négociations exclusives pour céder ses activités liées à la défense, un virage qui inquiète salariés et élus.
Le tableau brossé ces derniers jours par plusieurs médias est celui d’un groupe qui a multiplié les reprises, mais peine à stabiliser ses sites. Selon Le Figaro, l’inquiétude grandit sur l’avenir d’actifs industriels sensibles, au moment où Europlasma cherche à se désengager du militaire. Le Parisien, de son côté, rapporte la tension sociale autour de la Fonderie de Bretagne et la demande de transparence portée par les salariés. Résultat: pour les territoires concernés, la question n’est plus seulement celle des promesses de relance, mais celle de la continuité d’activité, des emplois et des carnets de commandes.
Sommaire
- 1 Une perte nette de 35,5 millions d’euros et 70,4 millions de chiffre d’affaires selon Le Figaro
- 2 Fonderie de Bretagne: redressement judiciaire, tensions sociales et reprise contestée
- 3 Obus, 155 mm et Caesar: l’équation industrielle des Forges de Tarbes
- 4 150 millions d’euros et une négociation exclusive jusqu’au 25 juin: la vente des activités de défense
- 5 Valdunes, Caudan, Tarbes: ce que la crise change concrètement pour les salariés et les territoires
- 6 FAQ
- 7 Questions fréquentes
- 8 À retenir
- 9 Sources
Une perte nette de 35,5 millions d’euros et 70,4 millions de chiffre d’affaires selon Le Figaro
Le Figaro situe la fragilité du groupe d’abord dans ses comptes. Le quotidien indique une perte nette de 35,5 millions d’euros pour Europlasma, sur un chiffre d’affaires de 70,4 millions d’euros, une perte qui a plus que doublé sur un an. Ce niveau de pertes pèse directement sur la capacité du groupe à financer la remise en route des outils industriels, à absorber les aléas de production et à rassurer clients, fournisseurs et financeurs.
Dans le même article, Le Figaro rapporte que le député (LFI) des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul anticipe une possible banqueroute de l’entreprise. La formule frappe parce qu’elle renvoie à une crainte très concrète: dans une chaîne industrielle, la confiance est un carburant. Quand elle se fissure, les délais de paiement, les investissements et les commandes peuvent se tendre.
Europlasma n’est pas un acteur né du secteur de l’armement. Le Figaro rappelle que la société, créée en 1992, était à l’origine spécialisée dans le traitement des déchets dangereux. Cette trajectoire explique en partie les interrogations récurrentes sur la cohérence industrielle du groupe: transformer des sites en difficulté demande du capital, des compétences sectorielles et un temps long, alors que l’actualité récente décrit une accumulation de fronts ouverts.
La Fonderie de Bretagne (FDB), située à Caudan dans le Morbihan, est devenue l’un des dossiers les plus sensibles. Selon une source Tavily récente, la filiale a été placée en redressement judiciaire et Europlasma fait face à des difficultés opérationnelles, avec des pannes ou des arrêts de production qui augmentent. Pour les salariés, ce type de situation se traduit par une incertitude immédiate: rythme de travail perturbé, commandes fragilisées, et inquiétude sur la pérennité de l’outil.
Le Parisien insiste sur la dimension sociale et politique du dossier, en rappelant qu’Europlasma a été auditionné dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire portant sur la prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs. Dans ce climat, la phrase citée par le journal, Les salariés méritent la vérité, résume une attente simple: savoir ce qui est financé, ce qui est réalisable industriellement, et ce qui relève de l’annonce.
L’Humanité revient sur l’attribution du site: le tribunal de commerce de Rennes a cédé la Fonderie de Bretagne à Europlasma. Le quotidien décrit un serial repreneur et un modèle économique trouble, formulation qui traduit la défiance d’une partie des observateurs. Dans la vie quotidienne d’un site industriel, cette défiance a un coût: elle complique le dialogue social, rend plus difficile l’attraction de compétences et nourrit l’inquiétude des sous-traitants locaux.
Sur l’emploi, L’Humanité rapporte un chiffre précis issu des négociations: les syndicats ont obtenu le maintien de 266 salariés sur 286. Pour les familles concernées, ce point est central, car il conditionne directement le revenu du foyer, la stabilité résidentielle et la capacité à se projeter à moyen terme dans un bassin d’emploi qui dépend souvent de quelques grands sites.
Obus, 155 mm et Caesar: l’équation industrielle des Forges de Tarbes
La branche défense d’Europlasma concentre une partie des actifs les plus stratégiques et les plus médiatisés. Le Figaro cite les Forges de Tarbes, qui produisent des corps d’obus de 155 mm, munitions tirées par le canon Caesar produit par KNDS France. C’est un segment industriel où la qualité, la régularité et la conformité sont déterminantes, ce qui rend chaque arrêt de production ou chaque difficulté de financement plus visible.

Cette exposition explique aussi pourquoi les inquiétudes dépassent le seul périmètre de l’entreprise. Quand un site fabrique des composants liés à la défense, les questions touchent à la souveraineté industrielle, aux délais de livraison et à la robustesse de la base productive. Pour les salariés, cela se traduit par une pression paradoxale: l’activité peut être jugée prioritaire, mais l’entreprise qui la porte peut être financièrement fragile.
L’Humanité rapporte également l’orientation voulue par le PDG Jérôme Garnache-Creuillot pour la Fonderie de Bretagne, avec l’objectif d’orienter la production vers l’armement en produisant 250 000 obus dès 2025, puis le double l’année suivante. Cette annonce donne une mesure de l’ambition industrielle affichée. Dans le quotidien d’une usine, cela implique des investissements, des recrutements ou des formations, et une organisation robuste, autant de sujets qui deviennent sensibles quand le groupe annonce en parallèle vouloir céder une partie de ses activités défense.
150 millions d’euros et une négociation exclusive jusqu’au 25 juin: la vente des activités de défense
Au cœur de l’actualité, Europlasma a annoncé vouloir vendre ses activités liées à la défense. Une source Tavily indique que le groupe est entré en négociations exclusives avec un investisseur français non divulgué, pour lui céder ces activités, annonce datée du 10 avril 2026. Le Figaro précise le cadre: des négociations exclusives jusqu’au 25 juin avec un industriel français de la défense, pour une cession annoncée à 150 millions.
Ce calendrier et ces montants, s’ils se concrétisent, sont lourds de conséquences pratiques. Résultat: pour les sites concernés, une cession peut signifier un changement d’actionnaire, de stratégie industrielle et de priorités d’investissement. Dans le meilleur des cas, un repreneur spécialisé peut apporter des débouchés et une capacité à moderniser l’outil. Dans le pire, la transition peut créer un trou d’air, avec des décisions suspendues, des commandes replanifiées et une anxiété sociale accrue.
Une source Tavily ajoute que, sur le terrain, les salariés de la Fonderie de Bretagne ont voté la levée de la grève et des blocages. Ce type de décision traduit souvent une volonté de reprendre la main sur le quotidien, relancer la production et peser autrement dans la négociation, surtout quand une opération capitalistique se discute en parallèle.
Valdunes, Caudan, Tarbes: ce que la crise change concrètement pour les salariés et les territoires
Europlasma est présenté par plusieurs sources comme un repreneur de sites en difficulté, avec des implantations citées à Caudan, à Tarbes et à Valdunes. Quand un groupe multiplie les dossiers complexes, la fragilité d’un site peut contaminer l’ensemble: trésorerie sous tension, arbitrages d’investissement, priorisation des urgences. Dans la vie quotidienne des salariés, cela se traduit souvent par des cycles d’annonces, de plans de relance, puis de retards et de réorganisations.
Pour un territoire, l’enjeu n’est pas seulement l’emploi direct. Un site industriel irrigue un écosystème: transporteurs, maintenance, restauration, sous-traitants, intérim. Quand la production s’arrête ou ralentit, c’est toute une économie locale qui encaisse le choc, parfois sans bruit, mais avec des effets en chaîne.
Dans cette séquence, un point revient: la demande de clarté. Entre les chiffres de pertes rapportés par Le Figaro, le redressement judiciaire évoqué pour la Fonderie de Bretagne, et la cession annoncée des activités de défense, les prochains jalons seront observés de près: la capacité du groupe à stabiliser les sites en difficulté, et la nature exacte du projet industriel porté par le repreneur pressenti.
FAQ
Pourquoi Europlasma veut-il vendre ses activités liées à la défense?
Selon Le Figaro, Europlasma a annoncé des négociations exclusives avec un industriel français de la défense pour céder ces activités, dans un contexte de pertes importantes et d’inquiétudes sur l’avenir de ses actifs.
Quels sites sont cités dans les difficultés d’Europlasma?
Les sources évoquent la Fonderie de Bretagne à Caudan, les Forges de Tarbes et Valdunes parmi les actifs associés au groupe.
Que fabrique le site des Forges de Tarbes?
Selon Le Figaro, les Forges de Tarbes produisent des corps d’obus de 155 mm, une munition tirée par le canon Caesar produit par KNDS France.
Combien d’emplois ont été maintenus à la Fonderie de Bretagne selon L’Humanité?
L’Humanité rapporte le maintien de 266 salariés sur 286 à l’issue des négociations sur le volet social.
Que signifie une négociation exclusive annoncée par Europlasma?
D’après Le Figaro, la négociation exclusive court jusqu’au 25 juin. Concrètement, cela signifie qu’Europlasma discute avec un seul interlocuteur sur une période donnée pour tenter d’aboutir à un accord de cession.
Questions fréquentes
- Pourquoi Europlasma veut-il vendre ses activités liées à la défense ?
- Selon Le Figaro, Europlasma a engagé des négociations exclusives avec un industriel français de la défense pour céder ces activités, dans un contexte de pertes nettes élevées et d’inquiétudes sur l’avenir de ses actifs.
- Quels sites sont cités autour d’Europlasma ?
- Les sources mentionnent la Fonderie de Bretagne à Caudan, les Forges de Tarbes et Valdunes parmi les sites associés au groupe.
- Que produisent les Forges de Tarbes ?
- Selon Le Figaro, les Forges de Tarbes produisent des corps d’obus de 155 mm, une munition tirée par le canon Caesar produit par KNDS France.
- Quel niveau d’emploi est évoqué pour la Fonderie de Bretagne ?
- L’Humanité rapporte qu’après négociations, le maintien de 266 salariés sur 286 a été obtenu.
- Jusqu’à quand courent les négociations exclusives annoncées ?
- Le Figaro indique que les négociations exclusives annoncées par Europlasma courent jusqu’au 25 juin.
À retenir
- Le Figaro rapporte une perte nette de 35,5 millions d’euros pour Europlasma, pour 70,4 millions de chiffre d’affaires.
- La filiale Fonderie de Bretagne est citée comme placée en redressement judiciaire et confrontée à des arrêts de production.
- Europlasma a annoncé des négociations exclusives pour céder ses activités liées à la défense, avec une échéance au 25 juin selon Le Figaro.
- Les Forges de Tarbes produisent des corps d’obus de 155 mm utilisés par le canon Caesar, selon Le Figaro.
- L’Humanité indique que 266 salariés sur 286 ont été maintenus dans le cadre de la reprise de la Fonderie de Bretagne.
Sources
- Chez le repreneur en série Europlasma, les déboires se multiplient
- « Les salariés méritent la vérité » : la descente aux enfers de la Fonderie de Bretagne – Le Parisien
- En difficulté, Europlasma, repreneur en série, veut vendre ses activités liées à la défense
- En difficulté, Europlasma veut céder ses activités militaires
- La Fonderie de Bretagne cédée à Europlasma : qui est ce serial repreneur d'entreprises en difficulté ? – L'Humanité
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