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309 projets solaires, 455 MW ajoutés au réseau, ce portefeuille validé révèle le défi électrique que la Tunisie affronte

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La Tunisie franchit une nouvelle étape dans le développement du solaire. Selon les éléments relayés par Mosaique FM le 4 septembre, 309 projets photovoltaïques ont été autorisés pour une capacité totale de 455 MW. Le portefeuille validé comprend 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et 3 projets de 10 MW, dans un contexte de forte pression sur l’approvisionnement électrique et de recherche d’investissements privés.

Le ministère retient 187 centrales solaires de 1 MW

La première composante du programme repose sur 187 projets d’une puissance unitaire de 1 MW. Cette catégorie représente 187 MW, soit un peu plus de 41% de la capacité totale annoncée. Le choix de petites centrales traduit une volonté de multiplier les sites de production plutôt que de concentrer les investissements sur quelques installations de grande taille. Pour les autorités, cette maille fine peut faciliter la répartition géographique des projets et limiter certains blocages liés au foncier.

Un projet solaire de 1 MW occupe généralement une surface de quelques hectares, selon la technologie retenue, la configuration du terrain et l’espacement des panneaux. À cette échelle, les porteurs de projets peuvent mobiliser des terrains agricoles peu productifs, des zones industrielles ou des parcelles proches de points de raccordement existants. Le photovoltaïque devient alors un outil de production relativement rapide à déployer, à condition que les études techniques, les autorisations locales et les contrats d’achat avancent au même rythme.

Cette multiplication de petites unités a aussi une lecture économique. Elle ouvre le marché à des investisseurs de taille moyenne, à des entreprises régionales et à des groupements capables de porter des montages moins lourds que ceux des grands parcs. Le modèle peut soutenir un tissu de bureaux d’études, d’installateurs, de sociétés de maintenance et de fournisseurs d’équipements. Les retombées locales dépendront néanmoins du niveau d’intégration industrielle en Tunisie et de la capacité à former rapidement des équipes qualifiées.

Le principal point de vigilance concerne le raccordement. Chaque centrale, même de faible puissance, doit être connectée dans des conditions techniques compatibles avec la stabilité du réseau. Les délais peuvent varier selon l’état des lignes, la proximité des postes électriques et la disponibilité des équipements. Pour les développeurs, l’autorisation administrative constitue une étape importante, mais elle ne règle pas à elle seule les questions de financement, de construction et d’injection effective de l’électricité.

Centrale solaire de 1 MW en construction en Tunisie
Les projets de 1 MW représentent 187 autorisations dans le portefeuille annoncé. — Photo : Elements Interactive / Pexels

119 projets de 2 MW renforcent la production décentralisée

La deuxième tranche porte sur 119 projets de 2 MW, soit 238 MW. Cette catégorie concentre la plus grande part de la capacité autorisée, avec plus de 52% du total. Elle se situe dans un format intermédiaire, suffisamment puissant pour améliorer la rentabilité des opérations, mais encore compatible avec une logique de production décentralisée. Pour le secteur, ces installations peuvent devenir un segment structurant entre les petits sites de proximité et les centrales de plus grande taille.

À 2 MW, les projets exigent des études plus poussées sur la ressource solaire, la résistance des équipements, l’accès routier et la gestion de l’exploitation. Les investisseurs doivent sécuriser des contrats, obtenir des garanties bancaires et anticiper les coûts de maintenance sur plusieurs années. La hausse des prix de certains composants, même atténuée par la concurrence internationale, reste un facteur pris en compte dans les plans financiers. Les panneaux, onduleurs, structures métalliques et systèmes de surveillance représentent une part importante du budget initial.

Ces 238 MW peuvent jouer un rôle dans la réduction de la dépendance aux combustibles importés, sujet sensible pour les finances publiques. La production solaire ne couvre pas les mêmes besoins qu’une centrale thermique pilotable, car elle dépend de l’ensoleillement et varie au cours de la journée. Elle permet pourtant d’abaisser la consommation de gaz pendant les heures de forte production, notamment lorsque la demande industrielle et tertiaire est élevée. L’intérêt économique dépendra du prix des contrats d’achat et des coûts évités sur la production conventionnelle.

La production décentralisée pose aussi des questions de gestion opérationnelle. Plus le nombre de sites augmente, plus le réseau doit intégrer des flux variables provenant de nombreuses zones. Les outils de prévision, les systèmes de téléconduite et la modernisation des postes deviennent essentiels. Dans plusieurs pays méditerranéens, cette transition s’accompagne d’investissements dans le pilotage numérique, les compteurs communicants et la planification locale. La Tunisie devra articuler ces projets avec les capacités disponibles sur le réseau public.

Salle de contrôle électrique intégrant la production solaire tunisienne
L’intégration de 455 MW supplémentaires suppose une gestion précise du réseau électrique. — Photo : Roman Castillo / Pexels

Trois centrales de 10 MW ciblent un effet réseau

Le programme comprend également 3 projets de 10 MW, pour une capacité cumulée de 30 MW. Leur poids dans le total reste limité, autour de 6,6%, mais leur format diffère nettement des petites centrales. À cette échelle, les enjeux de choix du site, d’impact environnemental, d’accès aux infrastructures et de raccordement deviennent plus visibles. Ces installations peuvent servir de références techniques pour de futurs appels à projets plus ambitieux.

Une centrale solaire de 10 MW nécessite une organisation industrielle plus robuste. Les travaux de génie civil, la logistique des panneaux, le câblage, la sécurité du site et les systèmes de supervision demandent une coordination serrée. Les délais de construction peuvent rester relativement courts par rapport à d’autres moyens de production, mais les phases préparatoires sont déterminantes. Un retard sur le raccordement, un litige foncier ou une difficulté d’approvisionnement peut décaler la mise en service de plusieurs mois.

Ces unités plus puissantes peuvent apporter une contribution utile au réseau électrique, notamment si elles sont situées près de zones de consommation ou de postes capables d’absorber l’électricité produite. Elles offrent aussi de meilleures économies d’échelle sur certaines dépenses fixes. Le coût de surveillance, l’ingénierie et la maintenance se répartissent sur une production plus élevée. Ce paramètre peut améliorer la compétitivité du kilowattheure, sous réserve d’une bonne performance des équipements et d’un taux de disponibilité élevé.

Le développement de centrales de 10 MW soulève en retour la question de l’équilibre du système. La production solaire atteint son pic en journée, alors que la demande peut rester forte en soirée, en particulier lors des épisodes de chaleur. Sans moyens de stockage suffisants ou capacités pilotables disponibles, l’apport solaire doit être intégré avec prudence. Les batteries, les interconnexions et la gestion de la demande feront partie des outils à examiner pour accompagner la montée en puissance des renouvelables.

La Tunisie inscrit 455 MW dans sa stratégie électrique

La capacité totale de 455 MW autorisée représente un signal important pour le marché tunisien de l’énergie. Elle ne correspond pas encore à une production disponible, car les projets devront franchir les étapes de financement, de construction et de raccordement. Elle marque néanmoins une intention politique claire dans un pays où la demande électrique progresse sous l’effet de l’urbanisation, de la climatisation et de l’activité économique. Le solaire devient un levier concret du mix énergétique.

La Tunisie dispose d’un gisement solaire favorable, avec un ensoleillement élevé sur une grande partie du territoire. Cette ressource naturelle ne suffit pas à garantir le succès des projets. Le cadre réglementaire, la bancabilité des contrats, la solidité des acheteurs publics et la visibilité accordée aux investisseurs comptent autant que la qualité du rayonnement. Les développeurs chercheront des délais lisibles, des procédures stables et une rémunération compatible avec les coûts de capital.

Le rôle de la STEG sera central, directement ou indirectement, dans l’intégration de cette nouvelle capacité. L’opérateur public doit composer avec des contraintes financières, des besoins d’investissement et une demande croissante de fiabilité. L’arrivée de nombreux producteurs photovoltaïques impose une planification fine des flux, des renforcements ciblés et une coordination avec les autorités. Le ministère de l’Énergie devra clarifier le calendrier de réalisation et les critères de suivi des projets retenus.

Au-delà des chiffres, ce portefeuille de 309 projets sera jugé sur son taux de concrétisation. Dans le secteur énergétique, toutes les autorisations ne débouchent pas automatiquement sur des centrales en service. Les prochains mois permettront d’observer la capacité des investisseurs à boucler leurs financements, à commander les équipements et à lancer les chantiers. Les entreprises locales attendent aussi des retombées en matière d’emploi, de sous-traitance et de maintenance, trois indicateurs qui pèseront dans l’appréciation publique du programme.

Questions fréquentes

Combien de projets solaires ont été autorisés en Tunisie ?
Le portefeuille annoncé comprend 309 projets photovoltaïques, répartis entre 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et 3 projets de 10 MW.
Quelle capacité électrique totale représentent ces projets ?
L’ensemble des projets autorisés totalise 455 MW. Cette puissance correspond à une capacité installée potentielle, sous réserve de financement, de construction et de raccordement effectif.
Pourquoi le raccordement au réseau est-il important ?
Chaque centrale doit pouvoir injecter son électricité sans fragiliser le réseau. Les postes électriques, les lignes disponibles et les outils de pilotage conditionnent la mise en service réelle.
Ces autorisations garantissent-elles une production immédiate ?
Non. Une autorisation marque une étape administrative, mais les porteurs de projets doivent encore finaliser les études, financer les équipements, construire les sites et obtenir le raccordement.

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À retenir

  • La Tunisie a autorisé 309 projets photovoltaïques.
  • La capacité totale annoncée atteint 455 MW.
  • Les projets de 2 MW concentrent 238 MW.
  • Le raccordement au réseau reste un enjeu technique majeur.
  • La concrétisation dépendra des financements et des chantiers.
Rédacteur chez Nouvelle FR
Passionné par les avancées technologiques et les innovations dans le domaine des énergies nouvelles, je me spécialise dans la couverture des dernières tendances automobiles et des actualités brûlantes du quotidien. Mon expertise s'étend de l'analyse approfondie des technologies émergentes aux implications des nouvelles sources d'énergie, tout en gardant un œil critique sur les développements automobiles contemporains.
Mathias Novel
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